Tillerson remet sa montre à l’heure avec les alliés avant de se rendre à Moscou

11.04.2017

Le 10 avril 2017 à Lucca (Italie) commence le sommet des ministres des Affaires étrangères du G7. Un large éventail de questions sont à l'ordre du jour, mais la principale sera la crise syrienne. Le lendemain, le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson effectue une visite officielle à Moscou. Lors de ce sommet, les États-Unis et leurs alliés ont passé en revue leurs positions et déclaré un «front uni» pour les points clés. C’est cette position commune que Tillerson devra exposer à son homoligue russe comme point de vue de la communauté mondiale.

Etats-Unis - manque de stratégie cohérente

Les États-Unis eux-mêmes démontrent qu'ils n'ont pas de position équilibrée et ajustée sur cette crise. Ainsi,  dimanche dernier, le secrétaire d'État Rex Tillerson a de nouveau déclaré que le renversement du régime d’Assad n'était pas une priorité américaine en Syrie. Les États-Unis reviennent de nouveau sur la position exprimée avant le lancement des attaques de missiles sur la base aérienne en Syrie en déclarant la lutte contre Daech comme leur premier objectif. Cela n’arrange pas les néocons américains qui affirment que les actions américaines étaient insuffisantes et qu'il fallait continuer et intensifier l'agression militaire.

Boris Johnson - la voix des néocons

Le sommet examinera également la question des sanctions supplémentaires contre la Russie suite à la situation en Syrie. L'initiative visant à renforcer les sanctions provient du ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson. Il est curieux qu'il a également déclaré la possibilité de poursuivre les attaques aériennes américaines contre la Syrie. Naturellement, toutes les décisions du G7 sont prises par les États-Unis, donc la position britannique peut être considérée comme un essai lancé par certains milieux américains. Auparavant, Boris Johnson avait publiquement déclaré son appartenance aux néocons et son soutien de l'invasion des États-Unis et de la Grande-Bretagne en Irak en 2003.

Jeu à qui perd gagne avec les néocons?

La discussion de la question des sanctions et de nouvelles attaques contre la Syrie est conçue à la fois pour pour créer une atmosphère propice aux concessions de la part de la Russie, qinsi que pour le public domestique américain afin de tonifier l'aile néo-conservatrice du Parti républicain, dont Trump a besoin pour aborder les problèmes internes. L'attaque contre la Syrie le 7 avril a crée un précédent. Toute décision de Trump dans la politique intérieure sera désormais bloquée par le Congrès jusqu'à ce qu'il fasse des concessions suffisantes dans la politique étrangère. Cependant, il est douteux que des concessions réciproques soient possibles.